Le discours ethnographique à Byzance: continuité et rupture
Le discours ethnographique à Byzance: continuité et rupture
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Rep-lo a casa en una setmana per Missatger o Eco Enviament*Sobre el libro Le discours ethnographique à Byzance: continuité et rupture de Anthony Kaldellis publicado por Belles Lettres en 2013:
Ce livre a pour sujet l´étude de l’ethnographie en tant que genre littéraire à Byzance, c’est-à-dire les descriptions byzantines des peuples étrangers. Ce n’est pas une étude de la population byzantine selon les méthodes de la discipline ethnographique moderne, ce qui serait impossible, compte tenu de la nature des sources. L’ouvrage considère l’ethnographie comme un genre, pour souligner qu’il s’agit d’un produit littéraire avec une structure et un contenu plus ou moins stable, malgré le fait que ses formes et ses objectifs varient d’un auteur à l’autre.Les sujets habituellement traités par ce type d’ethnographie sont les suivants : l’origine mythique ou historique, la densité de peuplement, les caractéristiques somatiques, la guerre, les vêtements, les conditions de vie (y compris les repas et l’hébergement), la structure sociale et l’organisation politique, la pratique religieuse, les relations entre les sexes et le mariage, et, bien sûr, la géographie.
Données chronologiques et enjeux Choisissant pour limites chronologiques la période médio-byzantine, entre les conquêtes arabes du VIIe siècle et la colonisation de la mer Egée par les puissances occidentales après le XIIIe siècle, l’ouvrage accorde cependant une grande attention aux historiens de l’Antiquité tardive, car ils ont fourni à leurs successeurs de modèles solides pour l’écriture ethnographique.
Pourquoi l’ethnographie de la période médiobyzantine est-elle particulièrement problématique ? Cette période a été marquée par de grandes transformations historiques. L’émergence des peuples comme les Arabes, les Slaves, les Bulgares, les Hongrois, les Scandinaves, les Turcs et d’autres encore, a changé la carte politique, culturelle et ethnique de ce qui restait du monde ancien. Les Byzantins étaient au cœur de ces transformations, au milieu de cette carte, en luttant pour leur propre survie, en dirigeant les événements, comme ils pouvaient, dans leur propre intérêt, en conduisant la diplomatie et en entreprenant des guerres contre de nombreux nouveaux ennemis.
Les ambassadeurs et les espions byzantins voyageaient partout, de l’Espagne aux steppes au Nord de Bagdad, collectant des informations utilesà Constantinople. Ils avaient incontestablement des informations abondantes et parfois un point de vue global sur les transformations géopolitiques et ethniques en cours. Par ailleurs, les intellectuels byzantins avaient un accès direct aux textes anciens qui fournissaient des modèles pour parler de cette sorte de développements historiques, notamment l’ancienne tradition historiographique. Les Byzantins ont imité cette tradition avec beaucoup de succès quand ils écrivaient l’histoire de leur propre société, l’Empire romain orthodoxe gouverné par Constantinople. Ainsi, les Byzantins de la période médiobyzantine avaient les connaissances, les moyens, et même le besoin de poursuivre l’ancienne tradition ethnographique et de nous transmettre tant de renseignements sur les Arabes, les Slaves, les Bulgares, les Petchenègues, et sur d’autres peuples qu’ils connaissaient si bien, trop bien de leur point de vue.
Et pourtant ils ne l’ont pas fait. Ils en savaient plus que ce qu’ils nous disent. La question est alors de savoir pourquoi les textes médiobyzantins évitent de suivre à cet égard les traces de leurs anciens modèles. Leurs auteurs avaient appris à imiter ces modèles pratiquement dans tous leurs autres aspects ; alors pourquoi ne les ont-ils pas suivis dans l’ethnographie ? Ce silence est pourtant fort éloquent : il permet d’interroger les mentalités sous-jacentes des Byzantins, de comprendre leurs idéologies, leurs conceptions, à la fois sur ces parties du monde qu’ils évitaient de décrire et sur leur place à l’intérieur de celui-ci.
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